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Bienvenue chez moi

Claude Bolduc

L'écrivain et l'épouvante

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Claude Bolduc a affiné, au fil des publications, sa plume jusqu'à en faire un outil dont la polyvalence n'a d'égal que la précision. Sous cet habile bistouri, pas une facette du fantastique n'est épargnée.


L'année de la science-fiction et du fantastique québécois

Éditions Alire, 1999.



Bonjour, et bienvenue dans l'antre d'un auteur d'histoires fantastiques. C'est petit, quelque peu décrépit, les recoins y sont assez sombres, mais je crois qu'on y trouve malgré tout une certaine chaleur, fût-elle dantesque.

Une description rapide dirait que je suis assez peu porté sur les histoires qui fleurent bon la joie de vivre et où les pages dégoulinent de sentiments nobles et d'amour. En matière d'épouvante, ne vaut-il pas mieux avoir un penchant pour la souffrance et le malheur ? Ce qui ne fait pas de moi un monstre pour autant... quand je n'écris pas.

Je l'avoue, je suis un Claude Bolduc. Né à Québec, j'ai émigré en Outaouais un quart de siècle plus tard, ce qui, jumelé à un brutal retour aux études, a vraisemblablement provoqué des étincelles dans ma tête, puisque je me suis un jour aperçu que j'avais commencé à écrire des histoires.

Je suis avant tout nouvelliste. C'est mon péché mignon ; même si le roman a les faveurs du marché, je n'arrive pas à m'empêcher d'écrire des nouvelles. Ça tombe bien, d'ailleurs, car le fantastique se prête merveilleusement au texte court. Nombre de classiques du genre relèvent de la nouvelle. Quel paradis, la nouvelle! On s'y amuse, on y soupèse le moindre mot, on saupoudre entre les lignes, on s'adonne à de petits exercices de narration, on s'arrange pour surprendre son lecteur (se payer sa tête? Peut-être; la morale de l'histoire ne le dit pas).





L'univers fantastique est infini et chacun a l'occasion d'y trouver ce qu'il cherche. Le fantastique peut se faire lyrique, poétique, folklorique, il n'y a de limites que dans l'esprit du lecteur ou dans celui du créateur. Pour ma part, j'affiche un penchant immodéré pour un fantastique orienté vers l'émotion forte, qu'elle soit inquiétude, angoisse, peur, épouvante. De mon point de vue, le fantastique est une littérature d'émotions dans laquelle le lecteur doit ressentir, éprouver , vivre au même titre qu'un malheureux personnage. Il faut que le courant passe !

Que j'en lise ou que j'en écrive, les histoires d'épouvante sont pour moi une excellente thérapie. Quand les choses vont mal, quand on est malheureux, qu'on se sent victime du Destin ou piteux comme un petit chien battu, n'est-il pas bon de plonger dans une histoire où les choses vont encore plus mal pour quelqu'un d'autre ? Soudain, on se sent mieux. Guéri ! Quel bonheur ! Il y en a des pires que moi ! La preuve que cette thérapie est bonne: malgré tous mes problèmes, je n'ai encore tué ni torturé personne. Mieux, je demande toujours pardon à une mouche avant de l'écrabouiller. Voyez?

Bref, malgré de fréquents détours littéraires, qu'ils me mènent vers la nouvelle humoristique, non fantastique, ou dans le roman pour la jeunesse (toujours fantastique, lui), je crois que je suis trop gravement atteint pour espérer m'en remettre, et que je continuerai toujours à écrire des nouvelles d'épouvante.

Dernière mise à jour, Janvier 2006